Photo dans les studios

Jean-Pierre Gaillard : la Bourse... et la vie

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Un sacerdoce
Depuis plus de 40 ans, Jean-Pierre Gaillard voue sa vie professionnelle à l'actualité financière, à un train d'enfer... Portrait et interviews...

Ses amis et collaborateurs disent de lui qu'il vit avec une horloge dans le ventre. Oeil bleu rieur, allure imposante, costume sobre, égayé seulement par une pochette de couleur ("jaune si le marché est en baisse, bleue si les cours grimpent"), Jean-Pierre Gaillard sourit à cette évocation. "C'est vrai que j'ai toujours l'oeil braqué sur l'heure et sur les cours de la Bourse... Et je vais continuer. On ne peut pas dételer du jour au lendemain après plus de 40 ans de vie menée à un train d'enfer ! Dès que j'ouvre l'oeil, je lis sur les écrans d'agence de presse financière les informations de la nuit, avant de filer à mon bureau et mes studios installés dans le Palais de la Bourse". Débute alors une journée de travail d'une douzaine d'heures, ponctuée de 18 interventions sur les ondes de France Info et France Inter et de huit chroniques télévisées quotidiennes sur LCI. A 8h29, notre "Monsieur Bourse" s'empare du micro pour le reposer à 18h30, tout en veillant à la bonne marche de son agence de presse financière, la "Cote Bleue", qui fournit les pages "Bourse" à une soixantaine de journaux. Et Jean-Pierre court : de son bureau de rédacteur en chef à son studio radio, situés au 2ème étage du Palais Brongniart : face à la table de montage, plusieurs écrans d'ordinateurs affichent, en temps réel, les cours des Bourses de Paris et du monde entier. Jean-Pierre prend l'antenne, bascule les potards, interpelle les techniciens de France Info, dialogue avec les présentateurs... L'oeil toujours rivé à ses écrans, il déroule les "cours de notre première liste" avec un débit inimitable, reprend son souffle, jette un oeil sur l'ouverture de Tokyo, Londres, Wall Street. Il parcourt les couloirs de la Bourse, accueille ses invités, les ramène au studio, enregistre l'interview, fait son montage lui-même, coupe les bandes magnétiques, envoie à la station son "sujet". Vite, un oeil à l'horloge, c'est l'heure de la chronique télé ! Jean-Pierre monte les deux étages qui séparent le studio radio du studio télé. Pause maquillage, ajustage de veste et le voilà qui répète inlassablement des listes de chiffres, de variations... Inépuisable !

C'est son père, Jean Tixier, premier patron de l'agence de presse "la Cote bleue", qui a initié Jean-Pierre à l'actualité financière. En 1962, le jeune Bernard (son véritable prénom) fait ses premières armes à "la Vie française" et fait entendre sa voix sur Europe 1. Il devient "Jean-Pierre Gaillard" en 1965 sur les ondes de l'ORTF, à la faveur d'un remplacement au pied levé : "Un confrère m'a suggéré de mettre un mouchoir sur le micro pour déguiser ma voix et de prendre un pseudonyme". Le pseudo est vite trouvé : Jean-Pierre, comme son second prénom et Gaillard, comme le nom de jeune fille de sa mère. "Depuis, ma femme a la chance d'avoir deux hommes à la maison", confie-t-il entre deux éclats de rire. A la création de France Info, en 1987, le rythme s'accélère : flashes boursiers d'heure en heure, invités (plus de mille par an !), krach boursier, dérégulation, informatisation des marchés... Jean-Pierre Gaillard devient le "Monsieur Bourse" de la radio. Et la voix devient un visage quand LCI le recrute neuf ans plus tard. A la fin des années 90, Jean-Pierre est une star : il a sa propre marionnette aux "Guignols de l'Info". Sa femme réagit mal aux attaques des Guignols. Lui s'en moque plutôt, même s'il reconnait que parfois "ils sont allés un peu loin". Il revendique son étiquette de journaliste "grand public" et dit faire du commentaire boursier à la manière d'un commentateur sportif. Alors, certes, parfois, son enthousiasme dérange, mais lui se retranche derrière l'émotion du direct et la notion de service public. "C'est tout de même flatteur d'incarner aux yeux des auditeurs et des téléspectateurs un pan de la finance, même si les propos que l'on me prête ne me font pas toujours plaisir".

Le 30 juin, Jean-Pierre Gaillard raccroche le casque. "Je vais enfin pouvoir poser pied à terre, ignorer le réveil-matin qui, tous les jours, sonne à 6 heures, marcher dans la forêt, consacrer davantage de temps à ma femme et à mes six petits-enfants". Mais la transition sera difficile : "Même mon médecin me le dit : tout arrêter d'un coup, ce serait un trop gros choc", alors Bernard Tixier continuera à regarder les cours de la Bourse, à gérer son agence de presse et son portefeuille... Et son alter ego, Jean-Pierre Gaillard, reviendra sur les ondes à la rentrée pour deux chroniques hebdomadaires sur France Info... Des chroniques financières, bien sûr !

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